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KARIM MECKASSOUA
KARIM MECKASSOUA

Karim MECKASSOUA

Né le 31 décembre 1953 à Bangui – République centrafricaine Nationalité centrafricaine Fils de… et de ….. Il compte cinq frère et sœurs. Marié avec Mme Annie BOGANGABE chirurgienne dentiste (cabinet en région parisienne) Père de trois enfants Etudes - 1986 : Docteur en Ergonomie – CNAM – Paris Parcours professionnel - 1986-2001 : Enseignant chercheur dans l’équipe du Pr Alain WISNER au laboratoire d’Ergonomie de CNAM à Paris. - 1994 – 2001 : Consultant international. Domaine de compétence : santé et sécurité au travail – organisation de travail et production. A travaillé pour les grands groupes comme Aéroport de Paris, EDF, EVIAN, Nouvelles messageries de la presse-Paris, etc. - Président de la commission « Afrique » de la SELF (Société d’Ergonomie de Langue Française). - Membre du comité de l’IEA (International Ergonomic) - Ordonnateur national du FED - Gouverneur pour la RCA dans les instances de la BAD - Gouverneur pour la RCA dans les instances de la BM - Président du Conseil d’Administration de la Société Congolaise de Gaz : société basée à Pointe noire. Valorisation des gaz torchés. - Administrateur de SERVAIR Congo. Parcours et mandats politiques - 2011-2013 : Ministre d’Etat, chargé des Postes et Télécommunication et des Nouvelles Technologies. - 2013 : Ministre d’Etat au Plan et à l’économie aux postes précédents. - 2006 : Ministre d’Etat à la communication, à la Réconciliation nationale, à la culture démocratique et à la promotion des droits de l’homme. 4 - 2005 : Ministre d’Etat, Directeur de cabinet à la Présidence de la République. - 2005 : Député élu à l’Assemblée nationale. - 2004 : Ministre d’Etat à l’Education nationale. - 2003 : Ministre d’Etat aux Affaires étrangères, à l’intégration régionale et à la Francophonie. - 1996-1997 : Directeur de cabinet du Premier Ministre. 5 Centrafricaines, Centrafricains, Chers compatriotes, J’ai affirmé dans ma déclaration d’acte de candidature à l’élection présidentielle une vision claire pour la refondation de notre pays, pour sa reconstruction, pour son émergence économique et sociale. L’émergence économique n’est pas seulement une affaire de ressources et d’argent mais une affaire de choix, le choix de faire comme ceux qui réussissent et d’accepter le prix que ce choix implique. L’émergence économique et sociale est un processus de transformation de notre société, de nos pensées, de nos paroles, de nos actes, de nos habitudes, bref ce que l’on peut appeler notre mentalité. Pour moi, reconstruire la République centrafricaine exige de changer d’attitude afin de nous débarrasser de tous les obstacles subjectifs au progrès pour voir la vie et le monde de manière positive ; Pour se voir en frères et amis et saisir les opportunités, au lieu de se considérer en ennemis et de voir des problèmes partout. Il importe d’adopter la mentalité des bâtisseurs, des entrepreneurs, des promoteurs du monde rural, des artisans de la paix, des patriotes et des hommes d’Etat. A cet effet, je veux de conclure avec vous tous, mes chers compatriotes, femmes, hommes et jeunes sans discrimination. un Pacte de confiance. Pour réaffirmer ma volonté de servir notre pays pour sa prospérité économique et pour le bien-être de tous, je prends ici et maintenant des engagements fermes devant l’Histoire et devant la Nation centrafricaine. Ces engagements, au nombre de 12, constitueront les axes fondamentaux de mon action politique, une fois élu à la magistrature suprême. 6 7

I Gouvernance sécuritaire Sur le plan de la gouvernance sécuritaire, je m’engage à : 1. Garantir la sécurité, consolider la paix et préserver l’intégrité du territoire national grâce à une politique axée sur le Désarmement, la Démobilisation et la Réintégration (DDR) avec pour objectif, la réintégration sociale des ex combattants et la pacification du pays. Le DDR, comme le plan de la consolidation de la paix soutenu par les partenaires, doit fournir aux communautés locales les moyens de réinsérer les anciens combattants, de leur assurer la promesse d’un avenir comme civils au sein d’une collectivité apaisée. Je lancerai immédiatement avec nos forces de l’ordre et les soldats internationaux une grande campagne de ramassage de toutes les armes de guerre et travaillerai sans relâche à mettre hors d’état de nuire les braconniers, les coupeurs de route et les délinquants qui sèment la terreur au sein de la population. Je suis cependant convaincu que la paix véritable et durable ne viendra que du retour de la prospérité, qui suppose la réduction du chômage et la mise en œuvre d’un consensus national des forces politiques et de la société civile sur les stratégies nationales d’éradication de la pauvreté. C’est pourquoi, au premier semestre de mon mandat, je convoquerai une Conférence nationale sur l’économie avec pour objectif la définition d’une stratégie concrète en vue de l’émergence économique et sociale de la RCA., comprenant les actions prioritaires, les financements, le calendrier et la désignation des structures responsables, etc. 2. Œuvrer à la refondation des forces de défense et de sécurité en urgence absolue pour construire la capacité de notre pays à assurer sa sécurité et à défendre ses frontières grâce à une armée entraînée, disciplinée et bien équipée comme un puissant facteur de paix. Cette armée repensée sera le garant de la sécurité des personnes et des biens, l’instrument de notre indépendance, et le symbole fort de notre souveraineté retrouvée. Je m’emploierai à redonner aux FACA leur crédibilité afin qu’elles retrouvent et méritent à nouveau la confiance du peuple. 8 A cette fin, je vais convoquer dès le premier semestre de ma prise de fonction, les états généraux des forces de défense et de sécurité qui auront pour objectifs de faire sans complaisance le bilan des années passées et de définir les perspectives nouvelles, enrichies par les réflexions des généraux durant la transition. Fort des recommandations et des résolutions de ces assises, je soumettrai au Parlement une loi de programmation militaire pour les dix années à venir dont les principaux axes seront : • La promotion d’une armée de garnisons, de développement et de protection de nos frontières avec un effectif conséquent ; • le renforcement de la capacité d’action de la gendarmerie et de la police ; • une dotation en équipements modernes ; • le paiement régulier des PGA ; • l’opérationnalité des régions militaires ; • le vote d’une loi réglementant le travail des entreprises privées de sécurité. Je ferai de la question de la Force publique, un objet de grand débat parlementaire sur les mandats que nous entendons donner aux différentes composantes de notre appareil de sécurité, en l’occurrence la Police, la Gendarmerie et l’Armée. Je ferai des FACA, une armée de développement. 9

II Gouvernance politique Sur le plan de la gouvernance politique, je m’engage à : 3. Consolider l’unité nationale, promouvoir la réconciliation nationale et éliminer les discriminations L’instrumentalisation des ethnies et, depuis 2012, des confessions religieuses par des hommes politiques véreux a eu pour conséquence le renforcement du repli identitaire, du vote ethnique et du clientélisme. Cette pratique nocive a conduit à des crises politiques à répétition que notre pays a connues depuis son accession à l’indépendance et qui ont fortement ébranlé ses fondements. Le vivre ensemble qui était la caractéristique de notre peuple uni par une seule langue, le Sango, est aujourd’hui compromis. La tentation du repli identitaire est très forte dans toutes les catégories sociales. Je ferai de la consolidation de l’unité nationale un impératif de mon action politique. Toutes les nominations à des postes de responsabilité répondront à des critères précis de compétence et respecteront l’équilibre régional, ethnique et religieux. Plus aucun Centrafricain ne sera exclu à cause de son origine ethnique, régionale, politique ou à cause de sa religion. Je veillerai personnellement à ce que le repli identitaire, le communautarisme et le clientélisme ne puissent plus prospérer dans notre pays. La réconciliation nationale est une nécessité pour notre peuple après les nombreuses épreuves qu’il a dû traverser et surmonter. La réconciliation ne doit pas être un simple slogan. C’est l’acceptation de l’autre sans condition. Cependant, il faut, si vous me permettez de paraphraser le Pape François, du courage pour dire oui à la réconciliation nationale et non à l’affrontement ; oui à l’unité nationale et non au repli identitaire ; oui au dialogue national et non à la violence. La condition de ce dialogue, c’est la reconnaissance et le respect de l’autre. C’est à ce courage que je vous invite, je nous invite à commencer par nous les hommes politiques. Le peuple sait nous observer et sera toujours prêt à suivre l’exemple, le bon exemple du courage du dialogue, de la réconciliation et de l’unité nationale. Le Gouvernement de la République que je mettrai en place, sera un gouvernement d’union nationale qui mobilisera toutes les meilleures compétences du pays. Ce 10 gouvernement sera un gouvernement de leadership exemplaire qui indiquera par son ferme engagement et son comportement moral, la bonne direction à notre peuple. Je serai le premier sur ce front, le premier à donner l’exemple. Tous les compatriotes pourront s’aligner sur son désintéressement et son intégrité, bases d’une reconstruction qui exigera de nous tous beaucoup de travail, de sacrifices et de patience. Chaque Centrafricain, chaque Centrafricaine doit pouvoir aller librement partout sur le territoire national sans être inquiété, sans être discriminé, sans être agressé. Partout en République centrafricaine, le Centrafricain du Nord, du Sud, de l’Est, de l’Ouest ou du Centre doit se sentir chez lui. Dieu merci, nous avons une langue nationale le Sango, puissant ciment unificateur, qui gagnerait à être enseigné et écrit par tous. Le centrafricain doit se sentir dans son pays. Il doit pouvoir, s’il le veut, aller partout pour faire du commerce, de l’agriculture, de l’élevage, pour travailler, pour fonder une famille, pour faire du sport ou du tourisme. Mon gouvernement mettra en place des mécanismes appropriés et prendra des initiatives pour assurer un brassage harmonieux au sein de notre peuple et une solidarité agissante entre nos régions et les différents groupes sociaux. 4. Instaurer une justice équitable pour tous et lutter contre l’impunité Le système judiciaire centrafricain a connu de longues périodes sombres avec des tribunaux d’exception qui siégeaient en catimini lors des simulacres de procès. C’est ainsi que la justice centrafricaine est devenue le maillon faible de la République. Toutefois, avec le procès de l’Empereur Jean-Bedel BOKASSA en 1987, la justice centrafricaine a connu son heure de gloire. Je combattrai résolument toutes les formes de justice à deux vitesses, celle qui ne condamne jamais les plus nantis même s’ils sont coupables mais qui est prompte à envoyer en prison les plus faibles même s’ils sont innocents. En effet, les grands criminels ne seront plus laissés en liberté, roulant les mécaniques et narguant les victimes. Je ne tolérerai pas qu’ils jouissent d’une impunité quelconque à cause, souvent, de leur proximité avec le pouvoir. La justice centrafricaine cessera d’être une justice impuissante qui peine à trouver son indépendance. Que vaut une justice aux ordres qui accepte que les plus hautes autorités de l’Etat interfèrent de façon éhontée dans son déroulement ? Une justice qui reçoit des ordres parfois iniques de l’Exécutif qu’elle endosse sans discernement. Je m’engage à mettre fin à cette situation et à créer les conditions de l’indépendance judiciaire. 11 Si la Cour pénale spéciale a été créée par la loi initiée par le Gouvernement de transition et votée par le CNT, c’est bien l’expression de la faiblesse de l’Etat centrafricain car elle signifie que son système judiciaire est trop faible pour faire le travail qui normalement lui est dévolu. C’est pour cette raison que je demanderai à toutes les entités finançant cette Cour spéciale d’octroyer une partie de ce financement à la reconstruction d’un système judiciaire et pénal centrafricain transparent et responsable. Le quotidien des Centrafricains dans l’avenir sera fonction de cette justice ordinaire et je veux qu’elle fonctionne le mieux possible pour respecter les droits de tous les citoyens, sans exception. Redonner aux femmes, aux démunis le sens de leur droit, car la légalité citoyenne passe par là. Il ne peut y avoir d’Etat de droit sans une justice équitable. La République centrafricaine s’est engagée dans la voie de la démocratie. Il ne peut y avoir de démocratie sans justice indépendante ! La justice sera un pilier du changement que j’entends impulser dans notre pays ! Je vais restaurer la justice centrafricaine pour la rendre indépendante, dépolitisée, impartiale et juste. Pour ce faire, je m’attèlerai immédiatement à la lutte contre la corruption afin de consolider le travail de la Justice. Pour atteindre cet objectif essentiel, je vais : • Simplifier le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature qui ne sera plus présidé par le Président de la République mais par un Magistrat de haut rang élu par ses pairs ; • Respecter le principe de l’inamovibilité des magistrats de siège ; • Créer de nouvelles juridictions pour répondre aux besoins des citoyens ; • Augmenter les effectifs des magistrats ; • Renforcer les capacités de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) de Bangui ; • Renforcer la coopération interuniversitaire dans le but d’un recyclage permanent des magistrats et de la formation des auxiliaires de justice ; • Favoriser la justice de proximité en mettant en place un mécanisme qui s’appuiera sur les chefs traditionnels, les chefs des quartiers et des villages qui seront formés, encadrés et dotés des moyens techniques et financiers de manière à leur permettre de connaître les petits délits qui peuvent être traités localement ; • Promouvoir l’arbitrage et la conciliation ainsi que les formes alternatives de règlement des conflits ; 12 • Rénover les cours et tribunaux et les doter des moyens nécessaires à l’accomplissement de leur mission ; • Rénover les prisons et les maisons d’arrêt et de correction pour les adapter aux exigences du respect des droits humains ; • Construire un grand centre pénitentiaire à Bangui et deux autres grandes prisons à Bossangoa et à Grimari. Ainsi donc, la force doit rester à la loi. Aucun crime, aucun délit, ne doit plus jamais rester impuni. Je serai vigilant sur les mécanismes de réparation en faveur des victimes. Il s’agit, bien entendu d’une question difficile, voire douloureuse pour beaucoup de Centrafricains qui ont tout perdu pendant les différentes crises politiques. Cette question ne peut être tranchée par des promesses. Là où la situation le permet, en accord avec les principaux concernés, je travaillerai d’arrache-pied avec nos partenaires pour mobiliser en priorité des fonds de réparation collective qui consolide la paix intercommunautaire. La société civile peut ici aider et jouer un rôle essentiel comme elle l’a toujours fait durant la période de transition. Toutes ces mesures et innovations feront l’objet d’une réflexion collective dans le cadre des Etats Généraux de la justice pour l’avènement d’une justice de développement. La République Centrafricaine doit définitivement cesser avec l’IMPUNITE ! 13

III Gouvernance administrative Sur le plan de la gouvernance administrative, je m’engage à : 5. Restaurer l’autorité de l’Etat et promouvoir la bonne gouvernance. L’Etat centrafricain est inexistant dans bien des localités de notre pays. Là où il existe encore, il a perdu toute autorité et donc toute crédibilité. Je m’engage à restaurer l’administration publique et para publique et à la rendre efficace aussi bien au service des populations que des entreprises. Une administration au service des populations rendra accessibles, en termes de distance et de coût, les services publics ; une administration au service des entreprises, principales pourvoyeuses des recettes fiscales et douanières, s’emploiera à créer le cadre juridique et institutionnel favorable à leur création et à leur croissance. Le retour de l’Etat est donc une exigence nationale. J’inscris cette exigence du retour de l’Etat sur l’ensemble du pays dans les axes suivants : • La réforme de l’administration publique pour la rendre plus républicaine, plus moderne, plus intègre et plus performante. Cette réforme doit nous donner l’occasion de nous ouvrir aux innovations qui ont permis à des pays, tels que Singapour, le Rwanda et le Botswana de transformer leur administration et d’en faire le pilier d’un renouveau économique. Parmi ces innovations, nous pouvons citer : • la gestion axée sur les résultats incluant la planification stratégique et opérationnelle ; • les contrats de performance ; • l’évaluation des politiques publiques ; • le partenariat public-privé. 14 • Le renouvellement et le développement des ressources humaines dans la Fonction publique ; • La réforme du système de rémunération des fonctionnaires pour l’adapter aux coûts de la vie et aux exigences de la reconstruction nationale; • La réforme de l’administration locale pour la rendre capable d’impulser le développement local et d’identifier les conflits potentiels et travailler à leur résolution; l’administration locale doit fonctionner comme un véritable relais des problèmes locaux au niveau central. En attendant une réforme des ministres résidents et peut-être même de la fonction parlementaire, elle doit devenir un maillon essentiel pour éviter une « archipellisation » de la société centrafricaine comme elle a pu exister dans le passé. L’une de ses fonctions sera donc de proposer des projets économiques permettant de connecter des régions voisines entre elles et non seulement à Bangui. Quant à la déconcentration de l’appareil d’Etat et la dévolution de pouvoirs aux régions, je veillerai à ce qu’elle devienne une réalité ; • Enfin, les institutions chargées des questions de bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption doivent être renforcées et soutenues par l’Etat afin de garantir la redistribution équitable des ressources du pays et la lutte contre l’exclusion, le clientélisme et le népotisme sous toutes leurs formes. Mon ambition, c’est de faire de la République Centrafricaine un Etat fort, un Etat juste, un Etat impartial qui sera le rempart du citoyen contre l’arbitraire et l’injustice. Des Etats Généraux de l’Administration publique se pencheront sur toutes ces problématiques pour approfondir le diagnostic et les solutions devant faire de notre administration, une administration de développement, c'est-à-dire une administration qui ajoute de la valeur en contrepartie de ce qu’elle coûte en créant l’environnement, les mécanismes et les conditions favorables à l’émergence économique de notre pays. 6. Consolider les acquis démocratiques, développer les réflexes citoyens à tous les niveaux, garantir les libertés publiques et veiller au respect des droits des citoyens. La démocratie a été chèrement acquise en République centrafricaine. Elle l’a été au prix de nombreux sacrifices. Des centaines de compatriotes ont été jetés en prison pour cette grande cause. Le sang des martyrs a beaucoup coulé pour que nous en soyons arrivés là aujourd’hui. Au sortir de la période sombre de la dictature, l’instauration de la démocratie fut incontestablement un saut qualitatif pour notre pays. 15 Malheureusement, force est de constater que la démocratie en République Centrafricaine est une démocratie de façade. Elle n’a pas encore été profondément enracinée dans la société. Elle se résume en fin de compte à la multiplication artificielle du nombre des partis politiques tandis que les média d’Etat sont encore interdits d’accès à l’opposition et le Parlement peine à assumer son rôle de contrôle de l’action gouvernementale et de formulation des propositions de lois. A cause de ces nombreux déficits démocratiques, la tentation de retour en arrière est perceptible chez bon nombre de nos compatriotes. Les ennemis de la liberté et de la République espèrent toujours, par les armes, balayer nos maigres acquis démocratiques. Je défendrai nos acquis démocratiques comme la prunelle de mes yeux, de manière à rendre irréversible le processus démocratique. Je le ferai, non pas par commodité de circonstances, mais par conviction. Oui, je suis profondément convaincu que c’est le peuple souverain qui est le détenteur du pouvoir. Il l’accorde à qui il veut. Demander le mandat du peuple est une démarche qui procède du respect de ce même peuple. Je vais promouvoir une démocratie apaisée et inclusive basée sur le consensus. Elle privilégiera les vertus de la tolérance, du respect de l’autre, de la solidarité et de la fraternité. Cette démocratie apaisée puisera sa force dans l’engagement des citoyens dans la vie associative, dans les syndicats et dans les autres groupes de pression. Cette démocratie apaisée commencera à la base. En effet, pour la réalisation des projets de développement qui les concerne ou sur tous les sujets d’intérêt local, régional ou national, je me ferai fort de consulter les centrafricains à la base, celles et ceux qui sont les premiers concernés. Leurs avis seront systématiquement sollicités dès lors que les décisions à prendre les concernent directement. Dans cette perspective, mes actions viseront à : • Réduire par un processus de certification après concertation avec tous, sur la base de critères consensuels et d’une nouvelle loi le nombre des partis politiques de manière à rendre possible leur financement par l’Etat en contrepartie d’une contribution exemplaire à la reconstruction et à l’émergence économique de notre cher pays ; • Favoriser la liberté d’expression et permettre l’accès aux média d’Etat à l’opposition et à la société civile ; • Reconnaître le statut de chef de l’opposition avec tous les avantages y afférents ; • Organiser les élections municipales ; 16 • Renforcer les droits du citoyen; • Moderniser nos institutions sociales et d’animation du territoire dans le sens de la solidarité, du contrôle citoyen et des pratiques coopératives ; • Promouvoir ou réhabiliter toutes les formes d’éducation à la citoyenneté et au civisme. 17

IV Gouvernance diplomatique Sur le plan de la gouvernance diplomatique, je m’engage à : 7. Renforcer la place de la République Centrafricaine dans le concert des nations à la fois par la diplomatie de représentation et la diplomatie de développement A la tête de l’Etat, mon action visera avant tout à redonner de la crédibilité à la Nation centrafricaine, à rehausser son image de marque et à lui redonner toute sa place dans les organisations internationales, notamment au sein du Système des Nations Unies, de l’Union Africaine et des institutions financières internationales grâce à une diplomatie active et de coopération au service de notre projet d’émergence économique. La diplomatie de la République Centrafricaine sera une diplomatie basée sur la paix avec ses voisins dont la solidarité sans faille nous a été si précieuse dans les moments sombres que nous avons connus, la paix en Afrique et la paix dans le monde. « Malheur à l’homme seul », avait déclaré Barthélémy BOGANDA. Aucun pays, aucun peuple ne peut vivre en autarcie. Plus que par le passé, nous ne pouvons vivre seuls parce que tout simplement le monde auquel nous appartenons est devenu un village planétaire. C’est un monde interdépendant. C’est pour ces raisons que je veillerai à ce que notre pays, la République Centrafricaine, devienne un acteur inlassable de l’intégration des pays de la sousrégion de l’Afrique centrale. Je chercherai en permanence la convergence avec les Etats de la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC). La CEMAC doit se développer davantage pour devenir progressivement une véritable union économique et monétaire. L’intégration que je préconise doit s’étendre bien au-delà de la CEMAC et englober tout l’ensemble de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC). 18 Je vais ouvrir la République Centrafricaine à tous les pays épris de paix et de liberté. Elle renforcera, au plan bilatéral, ses relations avec les partenaires traditionnels mais elle se fera fort de diversifier la coopération avec d’autres pays du monde sur la base des relations "gagnant-gagnant". Compte-tenu des énormes besoins d’aide et de financement qu’exige la reconstruction de notre cher pays, nous avons besoin d’une diplomatie dynamique et offensive, je dirai une diplomatie entreprenante qui transforme nos diplomates en ambassadeurs non seulement de nos besoins d’aide pour la reconstruction nationale mais aussi en ambassadeurs de notre économie et de nos entreprises, au service de nos chambres consulaires. Nous avons besoin d’une diplomatie de reconstruction, une diplomatie de développement. C’est pourquoi, je vais promouvoir le concept novateur de « Diplomatie de développement », en l’occurrence une diplomatie au service de notre projet sous-régional et national d’émergence économique. Ainsi, nos diplomates ne seront plus de simples représentants de notre pays à l’étranger, mais aussi, et surtout des maillons importants de la chaîne de l’intelligence économique. 19

VI Gouvernance économique et financière Sur le plan de la gouvernance économique et financière, je m’engage à initier un train de réformes tendant à viabiliser le cadre macroéconomique, à transformer notre système productif, à mettre en valeur nos ressources naturelles, et à réhabiliter voire à construire les infrastructures de base et d’appui à la croissance. Toutefois une analyse rapide de la situation économique de notre pays comparée à son potentiel surtout en ressources naturelles me pousse à vous proposer de faire le choix d’une renaissance économique. Nous devons réinventer une nouvelle économie sur la base d’une nouvelle vision du monde, d’une nouvelle vision du bien commun, d’une nouvelle gouvernance. En effet l’économie c’est la création de richesses, la création de valeur, la création d’excédents d’exploitation. L’économie c’est la capacité de créer, d’investir, de produire, de transformer, de commercialiser, de consommer et d’épargner. Au cœur de tout cela, il y a l’entreprise, l’esprit d’entreprise qui exige créativité, énergie et passion. Toutes choses qui se passent dans la tête des hommes et des femmes qu’on appelle entrepreneurs et bâtisseurs. C’est pourquoi je voudrais nous rappeler que le préalable à la reconstruction et au décollage économiques s’appelle changement de mentalité. Nous devons remplacer l’ancien logiciel mental de consommateur par celui de producteur, notre ancien logiciel mental de fonctionnaire par celui d’entrepreneur, y compris dans l’Administration publique. C’est à cette condition que nous donnerons aux projets retenus des chances de succès. Plus précisément, je m’engage à : 8. Viabiliser le cadre macroéconomique S’agissant du cadre macroéconomique, les orientations que j’entends impulser au cours des trois premières années de mon mandat, devront privilégier l’option de maintenir le pays sous ajustement structurel. A cette fin, nous allons négocier et conclure avec les institutions financières notamment la FMI et la Banque Mondiale un nouveau programme triennal dans le cadre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et de la Croissance. 20 Les réformes structurelles et institutionnelles viseront la politique monétaire, la politique budgétaire et la politique fiscale. La sécurisation des recettes fiscales et douanières, la quête de la stabilité monétaire, du taux de change et de l’inflation, l’assainissement des finances publiques grâce à une politique budgétaire rigoureuse et l’amélioration de la fiscalisation du pays par le contrôle des assiettes et la lutte contre les fraudes, constitueront mon cheval de bataille. En vue de stimuler la croissance et de lutter contre la pauvreté, nous allons mettre en place une stratégie qui visera à mobiliser les ressources internes par les actions suivantes : • L’amélioration des performances des finances publiques avec pour objectif d’atteindre le niveau de 11% du PIB ; • L’augmentation des redevances sur l’exportation et l’exploitation des ressources minières ; • L’amélioration de la performance des impôts fonciers ; et • L’augmentation du rendement budgétaire. Pour relancer l’économie, mon action visera à : • Assainir les finances publiques, lutter contre les gaspillages par la réduction du train de vie de l’Etat ; • Améliorer le climat des affaires afin de rassurer les investisseurs nationaux et étrangers ; • Créer une nouvelle génération d’entrepreneurs à partir des diplômés de l’ISDR et de l’IST, des instituts supérieurs de gestion et de la FASEG ; • Sécuriser les recettes fiscales et douanières ; • Renforcer la Stratégie nationale de la lutte contre la corruption et lutter contre les fraudes pour mieux assurer le fonctionnement de l’Etat et financer notre Programme national d’émergence économique et sociale ; • Détruire toutes les barrières illégales sur les routes et sécuriser les corridors Bangui-Béloko et Bangui-Gamboula qui servent aux échanges avec le Cameroun ; J’organiserai avant la fin du premier semestre de mon mandat les Etats Généraux des finances publiques pour remettre debout le Trésor public afin qu’il soit capable d’apporter sa contribution à l’œuvre de reconstruction. 21 9. Dynamiser le secteur productif Je mettrai l’accent sur l’agriculture, l’élevage, l’exploitation minière, le développement des services et sur la construction des infrastructures de base comme pivots de la croissance. Etant donné que la majorité de la population centrafricaine, soit 62%, vit en milieu rural et que le secteur primaire mobilise à lui seul 82% de la population active et contribue pour plus de 50% au PIB, les principaux enjeux et défis de ce secteur que ma politique doit relever se résument ainsi : Améliorer la productivité et la compétitivité agricoles avec l’ambition : • de diversifier, d’intensifier et de moderniser les systèmes de production agricole ; • de sécuriser et d’accroître le revenu des exploitants agricoles, • d’assurer la sécurité alimentaire d’une population de plus en plus croissante dans un espace économique ouvert et concurrentiel ; et • de veiller à la gestion durable des ressources naturelles dans un contexte de changement climatique profond. • En faisant de l’agriculture la priorité de mon action, je m’engage à : • Assurer le développement institutionnel et le renforcement des capacités dans le secteur grâce à un cadre juridique favorable à l’investissement humain et financier ; • Préserver l’environnement et mieux gérer les ressources naturelles ; • Accroître la part de l’agriculture dans le budget national ; • Améliorer la compétitivité des produits agricoles et agro-industriels sur les marchés intérieurs, régionaux et internationaux ; • Développer un système de recherche et de conseil agricoles au service d’une agriculture durable et compétitive ; • Relancer la production des cultures vivrières et des cultures de rente par l’introduction des outils de production et des moyens de production modernes : tracteurs, charrues, charrettes, semences biologiques améliorées, etc…. • Installer de petites unités de transformation des produits agricoles au sein des comités villageois de développement dont je vais encourager la création par les départements ministériels concernés et l’ISDR. Ils seront chargés de créer des plateformes multifonctionnelles dans toutes les préfectures pour la transformation des produits agropastoraux ; 22 • Favoriser la création des banques des semences et des banques des crédits agricoles dans le pays et faciliter l’accès au crédit aux acteurs ; • Favoriser le développement et la vulgarisation des nouvelles cultures industrielles à haute valeur ajoutée telles que l’Aloe vera, le moringa, le karité ; etc…. • Mobiliser les financements et ressources conséquents et accessibles en faveur du développement agricole ; • Créer un Fonds de Développement Régional dans un esprit baptisé « la terre finance la terre » ; • Développer un cadre de transaction avec les pays émergents d’Asie (Singapour, Malaisie et Corée du Sud principalement) dans un partenariat "gagnant-gagnant". En effet, avec ses 15 millions d’hectares de terres arables dont seulement 5 % sont mises en valeur chaque année, la RCA dispose de suffisamment de réserves de terres agricoles favorables aux transactions. En louant seulement 5 millions d’hectares de ses terres de culture, la RCA peut engranger 5 millions d’euros par année. Réalisées dans des conditions transparentes et respectueuses de l’environnement, les transactions de terres agricoles peuvent constituer une chance pour notre pays avec une faible densité de population, d'acquérir de nouvelles technologies, des formations qualifiantes et des capitaux. Le Fonds de Développement Régional servira à financer en partie les projets de chaque région. A la base, le Fonds sera alimenté essentiellement par les ressources de locations d’une partie des terres agricoles de la RCA. • S’agissant du secteur agropastoral, la République Centrafricaine (RCA) est un pays d’élevage par excellence de par son climat favorable et l’abondance de ses pâturages. Cette situation fait d’elle une zone traditionnelle d’élevage attirant le bétail et les éleveurs des pays voisins notamment le Cameroun, le Tchad, les deux Congo, ainsi que les deux Soudan. Estimé à plus de quatre millions de têtes en 2003, le cheptel bovin centrafricain était numériquement le troisième dans la sous-région Afrique Centrale. L’élevage contribue à plus de 30% à la production nationale en protéines animales et occupe une place de choix dans le Produit Intérieur Brut (PIB). Les douloureux évènements que notre pays vient de connaître ont malheureusement provoqué des flux sortants énormes du cheptel bovin centrafricain au profit des pays voisins. 23 Le massacre des éleveurs, les vols des bétails par les groupes armés ayant entraîné la fuite des éleveurs vers les pays voisins, ont aujourd’hui relégué le pays au dernier rang en zone CEMAC en matière d’Elevage et des industries animales. En scrutant l’histoire des pays développés et émergents, force est de constater qu’ils se sont tous développés grâce aux grands efforts consentis au niveau national et aux investissements réalisés dans le secteur productif, dont l’agriculture et l’élevage. Pour relancer et moderniser le secteur agropastoral, notre action visera à : • Impliquer l’ISDR dans le processus de modernisation du secteur agropastoral ; • Organiser des tables rondes des bailleurs des fonds pour rechercher les financements du secteur agro pastoral; • Mettre en place une politique de restructuration et d’encadrement du milieu agropastoral par le renforcement des capacités des producteurs et des structures locales ayant des objectifs similaires : ONG locales, ACDA, ICRA, ANDE, FNEC, etc. ; • Redynamiser le circuit de commercialisation des produits agropastoraux par le renforcement des capacités des acteurs ; • Favoriser le retour des éleveurs et de leurs bétails en Centrafrique par la mise en place d’une politique incitative au retour et par la sécurisation des zones d’élevage du pays ; • Favoriser l’intégration agriculture-élevage par la mise en œuvre des politiques incitatives des agriculteurs à pratiquer l’élevage et des éleveurs à embrasser les activités agricoles ; • Relancer les activités des ranchs d’élevage de l’Etat afin de permettre de stocker les animaux et y faire recours en cas de besoins urgents du pays ; • Créer des marchés à bétails modernes dans les grandes villes du pays et améliorer le système de transport des animaux sur pied et des carcasses ; • Réhabiliter l’abattoir frigorifique de Bangui et moderniser les abattoirs des provinces ; • Intensifier la lutte contre les maladies animales à travers la vaccination obligatoire et l’appui aux traitements ; • Généraliser les petites exploitations agricoles dans tout le pays à travers les groupements et associations des jeunes en milieu urbain et rural dans les domaines que sont : aviculture, pisciculture, apiculture, élevage des petits ruminants ; etc. ; 24 • Vulgariser les systèmes et les techniques de production agropastorale rentables et qui préservent notre environnement naturel : culture attelée, utilisation des sous-produits pour alimenter les animaux ou pour fertiliser les sols, etc... Avant la fin de la première année de mon mandat un Plan stratégique de développement de notre agriculture sera élaboré, adopté et soumis à une table ronde des partenaires techniques et financiers. • S’agissant du secteur minier et pétrolier, Il s’agit à ce niveau de valoriser les ressources naturelles afin d’accroître nos ressources budgétaires. Le sous-sol de notre pays regorge d’immenses ressources naturelles variées en quantité et en qualité. Au-delà de l’or, du diamant, de l’uranium et du pétrole déjà exploités ou en voie de l’être, un inventaire certes non exhaustif indique 470 indices minéraux dont le fer, la bauxite, le manganèse, le cuivre, le quartz, le calcaire, l’étain, le nickel, etc. L’or et le diamant, pour ne citer que ces minerais, sont présents sur toute l’étendue du territoire. On les retrouve au Nord, au Sud, à l’Est, à l’Ouest et au Centre parfois même seulement à fleur du sol. Ainsi, comme a su le dire un éminent économiste africain, la RCA ressemble à un mendiant assis sur une mine d’or. Toutefois les retombées économiques du secteur minier sont bien en-deçà de ce que l’Etat centrafricain est en droit d’attendre. Elles représentent à peine 2% du PIB. Deux raisons expliquent cette situation dommageable: tout d’abord l’or et le diamant sont encore exploités de manière artisanale. Ensuite la fraude qui est le sport favori des acteurs du secteur prive le budget de l’Etat des ressources énormes. Ainsi, selon un l’ancien ministre des finances les recettes budgétaires étaient estimées à 2300 milliards FCFA alors qu’elles n’étaient effectivement que de 230 milliards. Le pétrole centrafricain connaît des problèmes pour son exploitation. Les options devraient tenir compte de ce que le pétrole centrafricain est on-shore et, comme tout pétrole de la même nature, il peut être source de conflits meurtriers et destructeurs. Les conditions de son exploitation devraient tenir compte des critères économiques, géostratégiques, sécuritaires, etc. Les deux mesures ci-après seront prises : • Exportation du brut centrafricain par l’Océan atlantique en utilisant le pipeline Doba-Kribi. Cette option, la plus évidente, devrait permettre de consolider davantage l’intégration sous régionale ; 25 • Installation d’une raffinerie nationale afin d’obtenir du gaz liquéfié (butane, propane...),de l'essence utilisée comme carburant dans les moteurs des automobiles, des solvants utilisés pour fabriquer des vernis, des peintures et des produits d'entretien; du kérosène (ou pétrole lampant) servant surtout de carburant dans les réacteurs d'avion, du gas-oil utilisé dans les moteurs Diesel, des huiles de graissage et, de la paraffine, du bitume appelé plus souvent asphalte pour le revêtement des axes routiers etc. En ce qui concerne les activités en aval de la filière pétrolière (d’importation, de stockage, de réexportation, de mise à bord, de transport, de distribution et de commercialisation d’hydrocarbures et des produits qui en sont dérivés), les mesures suivantes seront prises : • Suspension de la période d’exclusivité sur la distribution accordée à Total Centrafrique et TRADEX. Il s’agira d’ouvrir les activités aval du secteur à d’autres opérateurs pétroliers agréés, avec accès aux structures de stockage ; • Maintien du mécanisme actuel de fixation des prix des produits pétroliers commercialisés et consommés sur le marché national en tenant compte à chaque fois de la réalité du marché international. Les mesures suivantes devraient permettre d’atteindre ces résultats : • Promotion des règles de concurrence claires et saines en évitant la pratique des autorisations spéciales accordées à certains opérateurs ; • Interdiction de l'interférence des autorités dans la production et la commercialisation du diamant ; • Révision de la fiscalité minière afin de limiter la fraude et encourager les investissements dans les activités de transformation locale des pierres précieuses ; • Promotion de la valorisation interne du diamant centrafricain. En ce qui concerne l’uranium, il s’agira de renforcer le dispositif faisant l’obligation de transformer sur le territoire national les minerais radioactifs avant leur exportation, ainsi que de gérer les déchets et de commercialiser les substances radioactives selon les normes internationales. Elu Président de la République je vais : • Assainir le secteur minier par la révision du code minier de manière à l’adapter au nouveau contexte pour que les produits du sous-sol de la République Centrafricaine profitent en premier lieu à la République Centrafricaine ; • Favoriser l’augmentation de la production minière et celle de la part du secteur minier dans les recettes de l’Etat ; 26 • Mener une lutte acharnée contre la fraude en renforçant la capacité d’intervention de la brigade minière de la Gendarmerie ; • Négocier avec les partenaires pour reprendre l’exploitation de l’uranium de Bakouma ; • Achever la construction et favoriser une exploitation rapide de la cimenterie de Bimbo ; • Chercher des investisseurs pour la mise en valeur du fer de Bogoin ; • Continuer la prospection pétrolifère et encourager l’exploitation rapide du pétrole de Gordil et de Boromata. • Les secteurs des PME commerciales et des PMI ont beaucoup souffert de la dernière crise. Les pertes dans ce secteur d’activités se chiffrent à des dizaines voire des centaines de milliards de FCFA. Dès les premiers 100 jours de mon mandat, je vais: • recevoir les représentants du patronat pour leur exprimer la sollicitude de l’Etat centrafricain, étudier ensemble la meilleure réponse à apporter à leurs besoins immenses mais bien compréhensibles de réparation ; • m’appesantir sur les questions de l’emploi des jeunes en instaurant un dialogue direct avec les différents mouvements patronaux ; • Etablir un dialogue permanent avec les opérateurs économiques pour leur redonner confiance et obtenir un accroissement de leur présence en dehors de Bangui, en province avec la création de postes de travail, l’Etat prenant en charge une partie de la formation de ces personnels ; ce dialogue doit également permettre d’apurer les différends sur la question fiscale où la confiance a été mise à mal depuis 2013 ; • Créer une Caisse de stabilisation des PME et des PMI sous forme des fonds au développement industriel du pays. • L’exploitation forestière La RCA a une couverture forestière de 5,4Mha, seul le massif forestier du Sud-Ouest de 3,8Mha est mis en valeur, avec des essences à haute valeur marchande qui pourraient constituer une source complémentaire des ressources dont la part dans le PIB n’est pas négligeable. Il faut rationaliser l’exploitation dans une logique de développement durable. Il s’agit de manière spécifique: • d’élaborer et de mettre en œuvre les schémas de programme d’aménagement des réserves et forêts naturelles ; 27 • de créer des zones d’intérêt cynégétique, préserver la biodiversité et développer l’écotourisme ; • de promouvoir les organisations socioprofessionnelles responsabilisées pour la gestion durable de la faune. 10. Développer et réhabiliter les infrastructures de base Si les crises militaro-politiques à répétition que le pays a connues ces dernières années ont mis à mal la structure de l’Etat, elles ont surtout contribué à détruire les rares infrastructures existantes. S’engager pour la réhabilitation et le développement des infrastructures, c’est faire le choix de la raison. La relance de l’activité productive passe par la réhabilitation et la construction des infrastructures d’appui à la croissance et à l’amélioration de la qualité des services à la population. C’est dire que le développement et la réhabilitation des infrastructures de base sont deux grands défis que j’entends relever. Les infrastructures dans les domaines du transport, de l’énergie et des télécommunications doivent jouer un rôle capital dans la croissance économique. • Les transports Le réseau routier compte environ 24 307 km dont seulement 9 307 km de routes classées et 700 km de voies bitumées (soit un taux de revêtement de 7 %). Le réseau reliant Bangui à Douala (Cameroun), axe par lequel transite une grande partie des importations et exportations de la République Centrafricaine, n'est bitumé que sur 392 km, pour une distance totale de 1 500 km. Tout le transport des biens sur cet axe se fait par camion, en dépit des problèmes d'insécurité qui demeurent une préoccupation majeure. Le réseau routier du pays est en piteux état et plus souvent impraticable durant la saison des pluies tandis que les fleuves Oubangui et Congo ne sont navigables que quatre mois de l’année. Cette situation contribue à l’accroissement du coût des transports et des prix des produits de base qui par conséquent, sont plus élevés que dans les pays voisins non enclavés. La voie fluviale présente des délais d'acheminement certes plus longs pour l’importation mais des coûts de transport de 20 à 60% moins élevés. La République Centrafricaine possède un aéroport international à mettre aux normes internationales (Bangui-Mpoko) et une quarantaine d’aérodromes. Je vais mettre en œuvre un vaste programme qui vise à « réaliser le désenclavement intérieur et extérieur rapide la RCA » S’agissant de la Réhabilitation et/ou construction des infrastructures routières, Je vise notamment les tronçons : 28 • Bouar- Garoua Boulai, longue de 153 km ; • Baoro-Bouar, longue de 60 km ; • Yaloké-Bossemtélé-Baoro, longue de 164 km ; • Bossembélé-Yaloké, longue de 68 km ; • Bangui-Bossembélé, longue de 157 km. S’agissant des voies fluviales, mon programme vise l’amélioration de la navigabilité. A travers cette action, je veux : • rendre praticables les voies navigables (Oubangui et Sangha) ; • reprendre et finaliser le projet de réhabilitation, de l’extension et de la mise aux normes de l’aéroport international Bangui Mpoko ; • mettre aux normes internationales l’aéroport de Berberati ; • Réhabiliter progressivement les 40 petits aérodromes de province ; • Réhabiliter et/ou construire les infrastructures routières notamment BouarGaroua Boulai, longue de 153 km ; Baoro-Bouar, longue de 60 km ; Yaloké-Bossemtélé-Baoro, longue de 164 km ; Bossembélé-Yaloké, longue de 68 km ; Bangui-Bossembélé, longue de 157 km. • La production de l’énergie électrique Le faible accès à l’électricité est un obstacle non seulement au développement économique mais aussi aux efforts de la réduction de la pauvreté. Seulement 3% de la population centrafricaine ont accès à l’électricité contre 42% pour toute l’Afrique et 30% pour l’Afrique subsaharienne. Si pour la capitale, le taux d’accès à l’électricité atteint 14%, de taux dans les zones rurales est quasiment nul. Dans le domaine des énergies nouvelles et renouvelables, le pays dispose d’importants gisements d’énergies uniformément répartis sur tout le territoire. Mon objectif est de rendre disponible la quantité suffisante pour la transformation économique du pays et d’augmenter le taux d’accès de nos populations à l’électricité. Concrètement, il s’agira d’augmenter le taux d’accès à l’électricité en le faisant passer de 3,5% à 15 % au niveau national au cours des 5 années à venir et à 30% dans les dix ans suivants. Ainsi la République Centrafricaine pourra s’aligner au niveau des autres pays de l’Afrique subsaharienne. Le gouvernement de la République travaillera d’arrache-pied pour accroître la fourniture d’électricité aux villes des provinces en bénéficiant de l’existence de 29 différents programmes internationaux sur l’énergie, portés notamment par les EtatsUnis et la France. Au terme des deux premières années de mon mandat, cinq villes de province devraient connaître une amélioration radicale. Celle-ci devrait permettre de nouvelles opportunités économiques. Mes priorités porteront sur : • l’augmentation des capacités de production, de transport et de distribution de l’électricité sur le réseau interconnecté Boali-Bangui (puissance 20 MW; • la construction de trois (3) barrages hydroélectriques (lncreno, Dimoli et Kémbé) d’une capacité totale de 274 MW ; • la promotion d’échanges d’énergie électrique aux niveaux sous régional et régional (électrification transfrontalière RCA-RDC) ; • la promotion de l’électrification rurale ; et • le développement de l’énergie solaire. Des mesures d’extrême urgence devraient être prises, à savoir : • l’augmentation de la capacité de production hydroélectrique de Boali ; • la réhabilitation de la centrale thermique de Bangui ; • l’extension du réseau de distribution de Bangui. • Les télécommunications La République Centrafricaine possède une faible télé densité (0,24 lignes par 100 habitants). En revanche, le nombre d'abonnés au service téléphonique mobile a dépassé 160 000 en 2005. L'accès à l'Internet n'est possible qu’à Bangui et à Berberati, notamment dans quelques cybercafés et centres d’affaires des hôtels; les liaisons louées aux particuliers sont fournies par satellite. Compte-tenu de l’importance du secteur postal dans l’économie, je veillerai à l’amélioration de l’offre des services et à la redynamisation des prestations existantes à travers la modernisation des infrastructures des PTT. Plus précisément, il s’agira : • faire des PTT un établissement à caractère industriel » • Favoriser l’éclosion des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) en créant une agence de modernisation de l’administration et de l’économie centrafricaine par les TIC ; 30 • Miser sur le téléphone mobile comme raccourci pour connecter tout le pays. 31 V Gouvernance sociale Sur le plan de la gouvernance sociale, je m’engage à : 11. Valoriser le capital humain et assurer les services sociaux de base à toute la population afin d’accroître son bien-être. La politique que je vais mettre en œuvre aura pour groupe-cible, la jeunesse, et elle reposera sur les axes suivants : la promotion de l’approche genre, l’emploi et le développement des services sociaux de base. • La jeunesse La jeunesse constitue plus de 60% de la population centrafricaine. Elle est notre plus grande espérance et notre plus grand défi que la RCA doit relever pour un futur radieux. Au sein de la jeunesse, nous distinguerons les jeunes sans formation et les diplômés sans emploi. La grande priorité sera donc la formation scolaire, technique et professionnelle adaptée au besoin de l’heure. Il s’agit de recadrer les programmes de formation, de fournir les appuis nécessaires au système scolaire en augmentant le taux de scolarisation, de renforcer les initiatives prises dans la phase d’urgence depuis décembre 2013, de réformer et d’améliorer drastiquement la formation techniquement professionnelle qui met sur le marché de l’emploi les plombiers, les électriciens, les maçons, les techniciens, et autres dont la RCA a besoin pour sa reconstruction et pour son émergence économique. Par conséquent, je prendrai les mesures destinées à lever les entraves à l’accès à la formation des jeunes. Par ailleurs, je vais réformer méthodiquement et résolument le système de formation professionnelle et introduire dans l’enseignement à tous les niveaux y compris à l’école maternelle une éducation entrepreneuriale et à la citoyenneté pour préparer nos jeunes à l’esprit d’entreprise et à l’apprentissage du leadership exemplaire. Pour les diplômés sans emploi, je veillerai à ce que ceux issus de l’IST et de l’ISDR puissent traduire leurs mémoires d’ingénieurs en plans d’affaires bancables dans le cadre des incubateurs des entreprises qui seront créés à cet effet. Il faut fournir aux 32 jeunes qui ont des projets la possibilité de les développer et d’entreprendre à travers les incubateurs des entreprises que le gouvernement de la République mettra en place à leur intention. Ceci, se matérialisera par la création d’un fonds national d’appui à l’initiative des jeunes. Trop de jeunes des milieux populaires ne peuvent avoir accès à certains emplois malgré des compétences reconnues, faute de bons pistons, parce qu’ils n’ont pas les parents, ne sont pas de la « bonne » région ou ne militent pas dans le « bon » parti. Il faut donc donner la priorité au mérite et à l’égalité des chances. • La promotion de l’approche genre Sans l’énergie et la contribution des filles et des femmes de ce pays, il n’y aurait pas de nouvelle Centrafrique, il n’y aurait pas de changement de logiciel mental. Représentant près de 52% de la population globale, les femmes constituent la frange majoritaire du peuple centrafricain. Cependant la jouissance et l’exercice des droits de la femme sont bien loin d’être acquis dans un environnement où le poids de la tradition leur est encore défavorable et les conséquences des préjugés dont elles sont l’objet continuent d’entraver leur liberté et de porter atteinte à leur dignité. Pour beaucoup de nos compatriotes, la femme n’est pas l’égale de l’homme. Pire, elle continue d’être victime des violences physiques ou morales, victime des mariages forcés ou des accusations en sorcellerie, etc. Tous ces comportements aggravent les inégalités entre les hommes et les femmes. Il est temps que tout cela change. Loin d’être un simple slogan, la promotion de la femme centrafricaine est pour moi un impératif. Réduire les inégalités entre les hommes et les femmes et redonner à la femme centrafricaine sa dignité constituent un devoir noble dont j’entends m’acquitter avec beaucoup d’enthousiasme. Mon action visera à : • Etablir l’équité en milieu scolaire ; • Revaloriser le statut de la femme, notamment en milieu rural ; • Promouvoir l’accès à des facilités institutionnelles de financement ; • Promouvoir le principe de l’égalité entre l’homme et la femme ; • Lutter contre les violences faites aux femmes ; • Lutter contre la mortalité maternelle ; • Améliorer significativement la protection du couple mère-enfant ; • Augmenter la présence des femmes dans les instances de représentation nationale ; • Impliquer la femme dans la prévention et la résolution des conflits ; 33 • Réviser le Code de la famille. • L’emploi La lutte contre le chômage appelle des stratégies conjuguées de création d’emplois. Le salaire juste doit être un minimum vital nécessaire à la subsistance de la personne et de sa famille, selon le coût de la vie dans chaque localité. Il faut promouvoir l’emploi dans le secteur privé grâce à des programmes d’incitation appropriés. Ainsi, les clauses d’embauche prévues dans le Code des investissements et d’autres régimes doivent favoriser la création des entreprises condition nécessaire à la création d’emploi viables et durables. Le secteur public ne restera pas insensible à la problématique de l’emploi des jeunes. Le besoin pour le pays d’être doté d’une administration publique intègre, dépolitisée et performante appelle des nouvelles compétences au niveau des jeunes. Dans la même veine, les grands travaux de financement des infrastructures publiques et privées seront des grandes opportunités d’embauche pour les jeunes ayant reçu une formation technique ou professionnelle. Par conséquent, je propose : • de renforcer le mécanisme de Gestion prévisionnelle des Emplois et des Compétences, en identifiant le stock disponible en ressources humaines en termes d’effectifs et de compétences et les besoins futurs, de manière à fournir aux entreprises les hommes qu’il faut aux postes qu’il faut, au moment opportun et en veillant au transfert des compétences des seniors aux jeunes, grâce à un système de parrainage efficace ; • Veiller à ce que le niveau des effectifs de la Fonction publique permette de garantir un service et des conditions de travail de qualité ; • Elaborer des contrats individuels pour les postes de direction sensibles et proposer les salaires au standard du privé ou des institutions internationales ; • Renouveler le personnel de l’Administration publique ; • Mettre en place une politique de gestion des carrières ; • Mettre en place une politique de rémunération axée sur les résultats ; • Revoir le Code de travail. • Les services sociaux de base La pauvreté sévit avec virulence et de façon chronique dans notre pays. Aujourd’hui ce sont 68% de nos compatriotes qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté. L’indice du développement humain (IDH) est médiocre, notre pays la RCA occupe le 34 185e rang sur 187 pays ; tandis que le revenu par tête d’habitant est tout simplement minable : notre PIB par tête d’habitant est de 365 dollars US, avec un très faible taux de croissance de 1,01%. La malnutrition est encore plus virulente. Elle se propage dans nos provinces à la vitesse d’une épidémie mortelle. En effet, 30,20% des Centrafricains vivent dans l’insécurité alimentaire dont 7,5% en insécurité sévère et 22,7% en insécurité modérée. La faiblesse en approvisionnement en eau potable, le manque d’accès à des installations sanitaires et une mauvaise hygiène ont un coût annuel équivalent à environ 4,5% du PIB (64 millions de dollars par an). Le taux d’accès à l’eau potable en milieu urbain est de 28% et au milieu rural de 25% (selon les statistiques de la DGH). En milieu rural, le parc d’ouvrages hydrauliques est constitué à 95% de forages équipés de pompes à motricité humaine. J’avoue reconnaître que la pauvreté est notre ennemi public n°1. C’est pourquoi il faut la combattre avec la dernière énergie. La guerre que j’entends mener contre ce fléau sera une guerre totale, une guerre sans merci, une guerre sans répit. Je fais partie de ceux qui estiment que la pauvreté est en réalité une maladie de l’esprit mal informé et qu’elle est contagieuse ; c’est pourquoi, cette guerre appelle un changement de logiciel mental, un changement d’état d’esprit, un changement d’attitude. Des actions multiformes pour faire baisser de façon continue le taux d’insécurité alimentaire et réduire significativement le nombre des personnes souffrant de la faim s’avèrent nécessaires. Je vais donc engager une politique d’amélioration de la fourniture des services de base à la population. A la tête de l’Etat, je m’engage à accélérer la réalisation des Objectifs Millénaire pour le Développement (OMD). Ma volonté de réussir est ferme. Elle ne souffrira d’aucune faille. Il s’agira bien évidemment : • d’augmenter le taux d’alphabétisation ; • d’améliorer le taux de scolarisation des filles ; • d’accélérer la réalisation de la stratégie du secteur de l’éducation par la construction de 800 classes par an ; • de réduire la mortalité maternelle et infantile par la gratuité des soins antipaludiques pour les mères et les enfants de moins de 5 ans; • de distribuer à chaque foyer des moustiquaires imprégnées ; • d’augmenter le taux de couverture vaccinale ; 35 • de prévenir les maladies infectieuses comme le VIH/SIDA par le dépistage systématique dans les lycées et l’Université de Bangui et l’accessibilité aux produits rétroviraux ; • de rendre obligatoire l’accès à l’eau potable avec l’opération "un puits, un village" ; • de rénover les pistes rurales pour permettre aux paysans de transporter leurs productions jusqu’aux acheteurs ; • d’organiser les producteurs en groupements et coopératives, • de favoriser l’accès des paysans au micro-crédit ; • de lutter contre le chômage des jeunes notamment et des femmes par la création d’emplois ; • de créer des postes de santé dans tous les villages et des centres de santé intégrés dans les communes et les doter des produits génériques ; • de favoriser l’égalité homme/femme dans tous les secteurs de la vie nationale; • de mener une politique d’assainissement et d’hygiène publics en construisant des installations sanitaires publiques ; • d’accroître le taux de desserte en eau et en électricité ; et de renforcer la capacité de SODECA. 36 37

VI Gouvernance universitaire Pendant longtemps, l’Enseignement supérieur en Afrique francophone, aussi bien public que privé a été confiné au simple rôle de Centre de production des diplômés. Lorsque l’on se réfère encore une fois à l’histoire économique des pays occidentaux, force est de constater que ce sont les universités, les écoles d’ingénieurs et les centres de recherche qui ont impulsé et accompagné les révolutions industrielles. Je peux affirmer que si nous n’associons pas l’expertise nationale à l’élaboration et à la mise en œuvre de notre Programme d’émergence économique, nous risquons fort de le bâtir sur du sable. Par conséquent, dès ma prise de fonction, je m’engage à : 12. Promouvoir le concept d’Université de développement La nécessité de la création d’une deuxième Université Publique pour désengorger l’unique Université est un impératif. L’Université de Bangui doit désormais jouer le rôle de Partenaire stratégique du Gouvernement de la République en sa qualité de pourvoyeuse d’expertises. Dans cette perspective, je prendrai les mesures salutaires suivantes : • faciliter la création des bureaux d’études au sein de l’Université de Bangui ; • veiller à l’élaboration de protocoles d’accord entre les bureaux d’études de l’Institut Supérieur des Technologies (IST), de la Faculté des Sciences, de l’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR) et de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FASEG), et les ministères consommateurs de leur expertise et de leurs diplômés ; - réserver 30% des études aux bureaux d’études des établissements de l’Université de Bangui ; - faire obligation aux bureaux d’études étrangers pour exécuter leurs marchés des prestations intellectuelles, de s’associer aux bureaux d’études nationaux (ceux de l’Université de Bangui et du secteur privé national) ; - amener le système bancaire et les établissements de microfinance à préfinancer les marchés des prestations intellectuelles des bureaux d’études de l’Université de Bangui et du secteur privé national. 38 Afin de permettre à l’Université de Bangui de jouer son nouveau rôle, je veillerai à moderniser sa gouvernance à travers les deux mesures ci-après : • doter effectivement l’Université de Bangui de l’autonomie administrative et financière ; • revoir le Statut de l’Université de Bangui afin que désormais le Recteur, les Doyens des Facultés et les Directeurs des Grandes Ecoles d’ingénieurs et des Instituts supérieurs soient élus ; • établir un contrat de partenariat avec les Etablissements privés universitaires. Mes chers compatriotes, En plus des tables rondes à caractère sectoriel, j’organiserai une table ronde internationale pour la reconstruction de la Centrafrique. A cet effet, il sera soumis aux partenaires techniques et financiers un dossier complet pour le financement de notre programme de reconstruction nationale. Trop souvent nous avons laissé les autres décider à notre place. Trop souvent nous avons été acculés au rôle de simples spectateurs de l’évolution de notre pays. Le moment est venu de décider par nous-mêmes de ce que nous voulons faire de notre pays, de l’avenir que nous voulons bâtir pour nos enfants. Il est temps d’assumer en toute responsabilité le choix d’un peuple majeur qui veut et doit imprimer une orientation nouvelle au destin collectif. La République Centrafricaine a perdu beaucoup de temps et d’argent. Elle a laissé couler beaucoup de larmes et de sang. L’avenir nous tend la main. Trop souvent nous avons laissé le hasard et la nature décider de notre sort. Trop souvent nous avons attendu que Dieu et notre sous-sol travaillent à notre place. Trop souvent nous nous sommes battus pour partager le gâteau que personne ne veut fabriquer. Le contrat de confiance que je vous propose à travers mes douze engagements est le socle de la refondation de la République Centrafricaine. Alors je vous invite : levonsnous, retroussons les manches et bâtissons un Centrafrique fort, uni, économiquement prospère et solidaire ! Ensemble, nous venons de très loin ; ensemble nous irons très loin ! Vive la RCA unie, prospère et solidaire ! Je vous remercie pour votre adhésion et votre engagement futur.

39 Annexe unique MES DOUZE ENGAGEMENTS POUR UNE RCA EMERGENTE, DEMOCRATIQUE ET SOUCIEUSE DU BIEN-ETRE DE TOUS ET DE CHACUN • Garantir la sécurité, consolider la paix et préserver l’intégrité du territoire ; • Œuvrer à la refondation des forces de défense et de sécurité ; • Consolider l’unité nationale, promouvoir la réconciliation nationale et éliminer les discriminations ; • Instaurer une justice équitable pour tous et lutter contre l’impunité ; • Restaurer l’autorité de l’Etat et promouvoir la bonne gouvernance ; • Consolider les acquis démocratiques, favoriser la participation des citoyens à tous les niveaux, garantir les libertés publiques et veiller au respect des droits des citoyens ; • Renforcer la place de la République Centrafricaine dans le concert des nations à la fois par la diplomatie de représentation et la diplomatie de développement ; • Viabiliser le cadre macro-économique ; • Dynamiser le secteur productif ; • Développer et réhabiliter les infrastructures de base ; • Valoriser le capital humain par la formation accrue des jeunes, de la construction de nombreuse école et assurer les services sociaux de base ; • Promouvoir le concept d’Université de développement. 40 41 Table des matières I Eléments biographiques.............................................................................Erreur ! Signet non défini. II Gouvernance sécuritaire ................................................................................................................... 7 III Gouvernance politique ..................................................................................................................... 9 IV Gouvernance administrative.......................................................................................................... 13 V Gouvernance diplomatique............................................................................................................ 17 VI Gouvernance économique et financière........................................................................................ 19 VIII Gouvernance sociale...................................................................................................................... 31 IV Gouvernance universitaire ............................................................................................................. 37 Annexe unique MES DOUZE ENGAGEMENTS POUR UNE RCA EMERGENTE, DEMOCRATIQUE ET SOUCIEUSE DU BIEN-ETRE DE TOUS ET DE CHACUN ............................................................................ 39 42

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